À propos de la Maladie Pulmonaire
Obstructive Chronique

Qu’est-ce que la MPOC?

MPOC signifie « maladie pulmonaire obstructive chronique » – ce qui veut dire que les voies respiratoires de vos poumons sont inflammées (enflées) et partiellement bloquées. La MPOC est une maladie chronique qui s’aggrave avec le temps.

La MPOC regroupe deux principales maladies respiratoires plus connues du public :

  • la bronchite chronique
  • l’emphysème

La bronchite chronique, qui est une forme de MPOC, rend vos voies respiratoires inflammées, c’est-à-dire rouges, enflées et irritées. Leurs glandes produisent une trop grande quantité de mucus (phlegme), ce qui bloque partiellement le passage de l’air et cause la toux, des crachats et l’essoufflement.

L’emphysème, autre forme de MPOC, endommage les minuscules sacs d’air (alvéoles) à l’extrémité de vos poumons. En temps normal, ces sacs d’air sont élastiques, comme un ballon – ils se gonflent à l’inspiration et se dégonflent à l’expiration. Mais l’emphysème les rend plus rigides. Comme ils ne s’étirent plus, l’air s’y trouve emprisonné. C’est pourquoi vous avez de la difficulté à respirer et ressentez de la fatigue.

La MPOC ne se guérit pas. De fait, elle risque même de s’aggraver. Cependant, il existe des moyens de contrôler la MPOC et de traiter vos symptômes.

COMBIEN DE PERSONNES SONT ATTEINTES DE LA MPOC AU CANADA?

Les statistiques officielles révèlent que plus de 750 000 Canadiennes ont reçu un diagnostic de MPOC – soit 2,3 % de la population canadienne. Il y a probablement des milliers d'autres personnes qui ont la MPOC comme l’indiquent les enquêtes de l’Association pulmonaire qui indiquent que plusieurs autres personnes ont des symptômes de MPOC, mais n’ont pas encore été diagnostiquées.

La MPOC est en plein essor. Elle est déjà la 4e cause de décès au Canada et les autorités de santé publique estiment qu'elle sera la 3e principale cause de décès prématurés au Canada (et de handicaps) et dans le monde d'ici 2020.

QU'EST-CE QUI CAUSE LA MPOC?

90 % des cas de MPOC sont causés par la cigarette. Les autres causes comprennent :

  • l'hérédité (notamment une maladie génétique rare appelée «déficit en alpha 1-antitrypsine»);
  • la fumée secondaire;
  • la pollution de l'air, au travail et dans l'environnement (poussière ou produits chimiques);
  • des antécédents d'infections pulmonaires durant l'enfance.

QUELS SONT LES SIGNES ET SYMPTÔMES DE LA MPOC?

Les personnes atteintes de MPOC ont habituellement un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • essoufflement,
  • fatigue,
  • toux et crachats (mucus),
  • respiration sifflante,
  • infections respiratoires fréquentes (grippe, pneumonie) – et rétablissement plus lent que
    chez la plupart des gens,
  • perte de poids non intentionnelle.

Les gens commencent habituellement à remarquer des symptômes de la MPOC vers l'âge de 40, 50 ou 60 ans. La plupart d'entre eux croient que ces symptômes – essoufflement, respiration sifflante ou toux – sont dus à l'âge. Mais c'est faux! Plus la MPOC est diagnostiquée de façon précoce, plus elle est facile à traiter. Il est donc très important de reconnaître les symptômes de la MPOC dès que possible. On peut prévenir la MPOC et on peut la traiter.

COMMENT SOIGNER LA MPOC?

La MPOC ne se guérit pas, mais elle peut être traitée ainsi que les complications (capacité fonctionnelle, exacerbations, hospitalisations etc.). Un traitement adéquat de la MPOC inclut :

  • d’arrêter de fumer pour ralentir la progression de la MPOC et se tenir à l’écart des places enfumées ou polluées;
  • de prendre des médicaments contre la MPOC pour prévenir et atténuer vos symptômes, pouvant inclure comprimés, inhalateurs et oxygène;
  • d’apprendre à développer de nouveaux comportements de santé qui sont nécessaires pour vivre avec la maladie sur une base quotidienne;
  • de s’inscrire à un programme de réadaptation respiratoire pour apprendre à mieux respirer grâce à des exercices.

COMMENT LA MPOC PROGRESSE-T-ELLE?

L’espérance de vie des patients atteints de MPOC dépend de différents facteurs :

  • l’âge au moment du diagnostic,
  • la gravité des dommages des poumons,
  • le fait de continuer de fumer, de ralentir ou d'arrêter complètement (ralentir est un bon départ – mais arrêter est encore mieux!),
  • les soins et traitements reçus,
  • d'autres problèmes de santé.

Quelques complications de la MPOC :

  • infections thoraciques récurrentes généralement appelées les exacerbations de la MPOC
    (pneumonie, grippe, etc.),
  • hypertension pulmonaire : pression sanguine anormalement élevée dans les artères des poumons,
  • coeur pulmonaire : gonflement et fatigue du côté droit du coeur qui peut conduire à une
    crise cardiaque,
  • arythmie cardiaque (rythme cardiaque irrégulier),
  • insuffisance respiratoire et mort.

Si vous avez la MPOC et que vous êtes fumeur, il est important d'arrêter de fumer. Consultez votre médecin pour obtenir un traitement adéquat qui vous aidera à vous sentir mieux et à vivre plus longtemps. Il est essentiel de suivre un traitement approprié et d’adopter de saines habitudes de vie (exercices, nutritions, sommeil etc.). Plusieurs personnes atteintes de MPOC trouvent des moyens de mener une vie heureuse et productive en dépit de leur maladie.

POURQUOI A-T-ON BESOIN DE PLUS DE RECHERCHE SUR LA MPOC?

La recherche est essentielle pour comprendre les causes de la maladie, les facteurs qui influencent son évolution et sur lesquels on peut intervenir, les façons dont on peut améliorer les traitements et de quelle façon le système de santé peut améliorer les services qu’il fournit aux malades de la MPOC.

En particulier, le type de recherche dont on a le plus besoin est une étude de cohorte, c’est-à-dire une étude au cours de laquelle un groupe d’individus malade ou à risque est suivi pendant plusieurs années. Il s’agit du meilleur moyen pour :

  • caractériser les hommes et les femmes à risque, versus ceux qui ont déjà la maladie, versus ceux qui ont des complications;
  • mieux comprendre quels sont les facteurs modifiables par une intervention de santé, qui sont reliés à la maladie et à son évolution;
  • de développer un programme d’intervention qui permettra de combattre plus efficacement
    ce problème de santé majeur.

C’est ce qui sera rendu possible avec l’étude pan-canadienne CanCOLD (« Canadian Cohort of Obstructive Lung Disease », cohorte canadienne pour la maladie pulmonaire obstructive).